Mise en station

La mise en station est une opération nécessaire quand on utilise une monture équatoriale. Les débutants ont souvent l’impression qu’il s’agit d’une opération très compliquée, mais il faut savoir qu’il y a plusieurs degrés de précision à une mise en station, et qu’une précision de mise en station sommaire est souvent largement suffisante si on se contente d’observer et de trouver des objets par repérage visuel.

Je vous conseille de lire la rubrique Utilisation de la monture EQ2 si ça n’est pas déjà fait, car je vais utiliser des termes qui y sont expliqués.

Mise en station sommaire :

- tout d'abord, on repère l'étoile polaire. Pour cela, on part de la Grande Ourse, et on prolonge 5 fois le bord extérieur de la "casserole" formé par deux étoiles. On arrive dans une zone du ciel où se trouve une étoile bien plus brillante que les autres, c'est l'étoile polaire, qui indique le nord.

– On règle la latitude sur la latitude du lieu d’observation (pour la France, autour de 45°).

- On place le trépied le plus horizontalement possible en réglant la hauteur des pieds (on peut s'aider d'un niveau pour cela), et de façon que l'axe des ascensions droite pointe vers le nord, donc vers l'étoile polaire. Sur l'EQ2, il y a les lettres R et A sur l'axe, et une flèche dessinée au milieu. Cette flèche doit pointer vers le nord.

Bien, alors si on veut se contenter d’observer, on peut très bien s’arrêter là ! C’est une mise en station très imprécise, mais je la fais ainsi quand je ne veux observer que peu de temps et me contenter de repérer des objets en visuel.

Mise en station plus précise :

– pour améliorer la précision, il faut pointer l’étoile polaire. Tout d’abord, on place le cercle des déclinaisons sur 90 (la déclinaison exacte de l’étoile polaire est un peu plus de 89° en réalité), on serre le frein des déclinaisons et on peut ajuster avec le flexible des déclinaisons. La position sur l’axe des ascensions droites n’a pas d’importance.

– On regarde dans le chercheur, et il faut régler la monture pour que l’étoile polaire soit au centre du chercheur. Attention, pour cela, il faut toucher uniquement aux vis de latitude et d’azimut, et on ne touche pas aux flexibles de déclinaison et d’ascension droite ! Sur l’EQ2, vous constaterez que le réglage en latitude est facile car la vis de latitude permet un réglage fin, par contre le réglage en azimut est plus délicat, la vis ne permettant qu’un réglage grossier.

– Quand la polaire est dans le chercheur, on met un oculaire (en général je mets le 20 mm pour avoir 45x de grossissement) et on centre cette fois la polaire dans l’oculaire, toujours à l’aide des mêmes vis.

– On peut améliorer le centrage de la polaire en refaisant la même opération à l’aide d’oculaires à plus fort grossissement si on veut.

Une fois cette mise en station faite, il ne faut plus toucher ni au trépied, ni aux vis de latitude et d’azimut. On pointera les objets uniquement à l’aide des flexibles d’ascension droite et de déclinaison.Cette mise en station permet de suivre des objets efficacement à l’aide du moteur (avec un faible grossissement de 45x avec le 20 mm ou de 28x avec le 32 mm, un objet pointé reste sans problème 5-10 minutes dans le champ de l’oculaire), elle permet aussi de repérer des objets par pointage différentiel à l’aide des coordonnées et de faire de la photo planétaire à la webcam. C’est la mise en station que je fais la plupart du temps.

Mise en station très précise ?

Je mets un point d’interrogation car je ne sais pas si l’EQ2, avec sa vis d’azimut très imprécise et l’impossibilité d’ajoindre un viseur polaire, permet une mise en station plus précise. Une mise en station très précise est nécessaire pour réussir à faire de belles photos du ciel profond à la webcam, car cela nécessite d’avoir un suivi très précis des objets puisqu’il faut faire de longues poses (j’ajoute que la qualité de la mise en station n’est pas seule en cause, la qualité du moteur entrant aussi en jeu dans le suivi, ainsi que la qualité des éléments mécaniques de la monture en elle-même, la perpendicularité des axes etc…).Bref, il existe des méthodes de mise en station plus précise que je n’ai pas essayées, mais dont on trouvera des descriptifs sur Internet. Voici quelques pistes pour ceux qui voudrait essayer d’améliorer cela :

– méthode par croisée sur la polaire

– méthode de Bigourdan (une méthode très longue mais très précise)

– utilisation du logiciel Astrosnap et d’une webcam (Astrosnap est un logiciel d’acquisition d’images, gratuit, téléchargeable sur le net, et dans lequel il y a une fonction qui permet une aide à la mise en station à l’aide d’une webcam)

– méthode visuelle par centrage du vrai pôle nord (l’étoile polaire n’est pas exactement pile au nord, mais à moins d’un degré d’écart. Certains utilisent une carte de la zone figurant la position du pôle nord, et au lieu de centrer la polaire dans l’oculaire, centrent ce point-là ).